Albert Green est mort (1)
 
Le 3 septembre 1944, alors Grenadier Guards dans la King’s Company, Albert Green a participé à la libération de Pont-à-Marcq. Il a été décoré de la Légion d’Honneur.
 
Nous rendons hommage au soldat qui avec ses camarades (dont vingt-trois ont trouvé la mort dans la bataille) et la résistance locale, a mis fin à l’occupation nazie, participant aussi à la libération du peuple allemand sous le joug d’un régime où l’horreur s’alliait à la froide détermination. Il nous faut aussi saluer l’homme déterminé dans l’action militaire comme dans le devoir de mémoire. Sa présence, à elle seule, lors des cérémonies commémoratives de la liberté retrouvée de notre ville, était un appel à la paix lancé aux jeunes générations. C’est en écho au célèbre roman de Saint Exupéry(2) que nous planterons 23 chênes (suivant l’excellente idée de Laurent Lachaier), rappelant symboliquement ce fait d’arme et cette liberté retrouvée. "Le bois des anglais" trouvera sa place dans ce que nous appellerons le poumon vert, projet qui vous sera présenté très prochainement. Il nous faudra aussi proposer aux enfants et aux membres du CME une action commémorative annuelle en collaboration avec les enseignants de l’école primaire et du collège.
 
 
La disparition d’Albert Green nous interpelle aussi sur le devoir de mémoire.
 
Le devoir de mémoire repose sur un double socle : la connaissance de l’histoire et l’empathie, le respect de ceux qui sont allés au bout du sacrifice. Militaires, civils, ces femmes et ces hommes qui ont offert leur vie, leur intégrité physique et parfois, au summum de l’horreur, leur raison, doivent devenir des exemples pour les générations suivantes. Notre société a plus besoin de modèles que de discours qui ne servent que ceux qui les prononcent. A ce devoir de mémoire il faut adjoindre un devoir de connaissance de nos forces armées. Le temps de la conscription étant révolu, le citoyen n’a plus qu’une vague idée de ce qu’est la vie militaire et de sa rigueur. On ne peut que fortement le regretter au regard des discours et des attitudes de certains, face par exemple à notre hymne national ou à une commémoration. Il faudra donc rapprocher le citoyen de son armée en parrainant un régiment(3) avec lequel nous multiplierons les échanges et les moments de vie. Il faudra pour cela l’accord unanime du Conseil municipal, ce dont nous ne doutons pas. Le devoir de mémoire et de connaissance doit s’enrichir du devoir d’avenir, d’avenir de paix. Seule, la connaissance de l’autre, la connaissance de l’Europe qui doit dans sa diversité se trouver une culture commune, garantira la paix. Pour cela, nous réanimerons le jumelage avec la ville de Kingham, qui avait si bien fonctionné dans les années 90 sous le mandat de Robert De Man, notamment dans la relation entre les deux écoles primaires, induisant celle des familles. Nous élargirons cette relation privilégiée à d’autres partenaires pour effacer les peurs et les aprioris.
 
 
C’est donc un devoir de mémoire, un devoir de connaissance et un devoir d’avenir que nous mettrons en place. La simple commémoration, si elle est importante, ne peut suffire...
 
Philippe MATTON
 
(1) En communion avec la délégation pont-à-marcquoise présente aux funérailles, Un hommage à Albert Green sera rendu, à la même heure et le même jour, le mardi 11 février à 15h, sur l’esplanade de la mairie.
(2) «Le petit Prince» Saint Exupéry «le blé qui est doré me fera souvenir de toi»
(3) L’association des Villes Marraines des forces armées est l’expression institutionnelle du soutien moral de la Nation à ses forces armées, elle a été créée en 1986 pour définir un concept en matière de parrainage, en étroite concertation avec l’autorité militaire. Pour exemple, la Ville d’Haubourdin est marraine depuis 2018 du 40éme Régiment d’artillerie de Suippes.
 
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